Placement trésorerie entreprise : où placer ses excédents sans bloquer son cash

Placement trésorerie entreprise : où placer ses excédents sans bloquer son cash

Une trésorerie excédentaire qui dort sur un compte courant perd de la valeur chaque année. La placer intégralement, à l'inverse, expose l'entreprise à devoir casser un placement au pire moment. Le travail utile consiste donc à découper cet excédent en tranches selon l'horizon auquel chacune sera réellement nécessaire, avant même de regarder le moindre support.

Une trésorerie excédentaire qui dort sur un compte courant perd de la valeur chaque année. La placer intégralement, à l'inverse, expose l'entreprise à devoir casser un placement au pire moment. Le travail utile consiste donc à découper cet excédent en tranches selon l'horizon auquel chacune sera réellement nécessaire, avant même de regarder le moindre support.

Le découpage qui précède le choix du support

Avant de comparer des offres, il faut répondre à une question : de quel argent parle t on ?

Une trésorerie d'entreprise se découpe en trois poches d'horizon différent. La première est la trésorerie de fonctionnement, celle qui couvre les décalages du cycle d'exploitation et les échéances des prochaines semaines. Elle doit rester immédiatement disponible et ne se place pas.

La deuxième est la trésorerie de sécurité, dimensionnée pour absorber un aléa : perte d'un client important, sinistre, retard majeur d'encaissement. Elle se place, mais uniquement sur des supports mobilisables rapidement et sans perte en capital.

La troisième est l'excédent structurel, celui qui reste après avoir couvert les deux premières poches et les investissements prévus. C'est la seule qui autorise un horizon de plusieurs années et donc une rémunération supérieure.

L'erreur la plus commune est de placer la totalité de l'excédent constaté un jour donné, sans avoir projeté les douze mois suivants. Un plan de trésorerie glissant règle la question avant qu'elle ne se pose.

Les supports disponibles, classés par disponibilité

Le compte courant rémunéré est le degré zéro du placement. Sa rémunération est modeste, sa disponibilité est totale, et il ne suppose aucune formalité. Il convient à la poche de sécurité.

Le compte à terme immobilise une somme pour une durée convenue en échange d'un taux connu à l'avance. Sa souplesse dépend entièrement des conditions de sortie anticipée prévues au contrat, qui varient beaucoup d'un établissement à l'autre.

Les organismes de placement collectif de trésorerie visent une régularité de performance avec une volatilité contenue et une liquidité en général quotidienne. Ils ne comportent pas de garantie en capital, ce qui doit être dit clairement.

Le contrat de capitalisation souscrit par une personne morale et le compte titres ouvrent l'accès à des supports plus variés, avec un horizon plus long et un traitement comptable spécifique. Ils relèvent de la troisième poche uniquement.

Ce que garantie ne veut pas dire

Trois notions sont régulièrement confondues, et la confusion coûte cher.

La garantie en capital signifie que le montant investi est contractuellement protégé, en général au terme et pas avant. La liquidité désigne la possibilité de récupérer les fonds rapidement, ce qui n'implique aucune protection sur la valeur. La sécurité, enfin, n'est pas une catégorie juridique : c'est une appréciation commerciale.

Un support liquide peut faire perdre du capital, un support garanti peut être indisponible pendant plusieurs années. L'Autorité des marchés financiers rappelle dans son espace dédié aux épargnants les vérifications élémentaires à mener avant toute souscription, à commencer par l'identification précise de qui commercialise le produit et sous quel statut.

Pour une trésorerie d'entreprise, la question à poser au conseiller est directe : en cas de besoin dans six mois, que récupère l'entreprise, sous quel délai, et avec quelle décote éventuelle ?

Le cadre juridique interne, souvent oublié

Placer la trésorerie d'une société n'est pas un acte de gestion anodin, et deux vérifications préalables évitent des difficultés ultérieures.

La première porte sur l'objet social et les pouvoirs du dirigeant. Selon la forme sociale et la rédaction des statuts, certains actes de placement peuvent nécessiter une autorisation formelle des associés. La vérification prend quelques minutes et se documente par une décision écrite.

La seconde porte sur l'intérêt social. Un placement doit servir l'entreprise, pas les intérêts personnels du dirigeant. Un support choisi pour des raisons étrangères à la société, ou dont la contrepartie profite au dirigeant, expose à une requalification et à une responsabilité personnelle.

Rappelons également que la plupart des sociétés doivent disposer d'un compte bancaire professionnel distinct , ce qui constitue le socle sur lequel s'articulent ensuite les comptes de placement.

Le traitement comptable et fiscal, à intégrer dès le choix

Un placement se juge après impôt, et le régime dépend du support autant que de la forme sociale.

Pour une société soumise à l'impôt sur les sociétés, les produits financiers viennent en règle générale augmenter le résultat imposable, ce qui réduit le rendement net par rapport au rendement affiché. Certains supports produisent en outre une imposition sur des gains latents, indépendamment de toute cession, ce qui crée un décaissement d'impôt sans encaissement correspondant.

Ce point doit être posé à l'expert comptable avant la souscription, pas à la clôture. Un placement qui déclenche un impôt à payer avant que les fonds ne soient disponibles produit exactement le problème que l'on cherchait à éviter.

Une méthode de décision en quatre questions

Pour chaque tranche d'excédent, quatre questions suffisent à trancher.

À quelle date cet argent sera t il, au pire, nécessaire ? La réponse détermine l'horizon et élimine la moitié des supports.

Quelle perte en capital l'entreprise peut elle absorber sans conséquence sur son exploitation ? La réponse fixe le niveau de risque acceptable, en euros et non en mots.

Quel est le rendement net attendu, une fois l'impôt et les frais déduits ? Seule cette valeur se compare entre supports.

Que se passe t il si les fonds doivent être récupérés à la moitié de l'horizon prévu ? C'est la question que l'on oublie, et c'est celle qui distingue un placement adapté d'un placement qui a l'air adapté.

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