Pour financer son entreprise, commencez par identifier ce que l’argent doit couvrir et pendant combien de temps. Un équipement durable, une attente de paiement client et le lancement d’une activité ne se financent pas de la même manière. Le choix dépend aussi de la capacité de remboursement et, en société, de la volonté d’accueillir des investisseurs au capital.
Partir du besoin pour choisir le financement
Le financement d’une entreprise peut combiner plusieurs ressources. L’objectif est de faire correspondre leur disponibilité et leur durée aux dépenses prévues.
| Besoin à financer | Solutions à examiner | Interlocuteurs possibles |
|---|---|---|
| Machine, véhicule ou aménagement | Prêt d’investissement, crédit-bail | Banque, société de crédit-bail |
| Décalage entre facturation et encaissement | Mobilisation de créances, affacturage | Banque, société d’affacturage |
| Activité saisonnière | Crédit de campagne | Banque |
| Démarrage et premières dépenses | Apports, prêt d’honneur, prêt bancaire, aides accessibles | Associés, réseaux d’accompagnement, banque, organismes d’aide |
| Développement d’une société innovante à fort potentiel | Investisseurs au capital, financements complémentaires | Business angels, fonds de capital-risque |
Ne limitez pas le besoin au prix de l’investissement. Prévoyez aussi le besoin en fonds de roulement, ou BFR : l’argent mobilisé par les stocks et les créances clients, diminué des dettes d’exploitation. Ajoutez une réserve pour les imprévus, en évitant de compter deux fois les mêmes dépenses.
Pour détailler cette étape, utilisez notre guide pour calculer le BFR de l’entreprise .
Crédit bancaire, crédit-bail et affacturage : trois usages différents
Le prêt pour financer un investissement
Le prêt bancaire permet notamment de financer des biens durables. L’entreprise rembourse selon un échéancier ; le dossier doit donc montrer comment l’activité pourra supporter les remboursements. Chaque banque applique ses propres critères d’acceptation.
Comparez les intérêts, l’assurance éventuelle, les frais de dossier, de garantie et de courtage. Examinez également la durée, les échéances et les garanties demandées. Une caution personnelle peut engager les biens du dirigeant en cas de défaut de paiement, dans les limites de son engagement : faites-en préciser la portée avant de signer.
Notre guide des critères à examiner avant de signer un prêt professionnel permet d’approfondir cette comparaison.
Le crédit-bail pour utiliser un équipement
Une société de crédit-bail achète le bien et le loue à l’entreprise. Le contrat prévoit une possibilité de rachat : il s’agit d’un financement de l’usage du bien, avec une éventuelle acquisition ultérieure.
Demandez un chiffrage comprenant les loyers et le prix de rachat prévu. Pour comparer avec un achat financé par emprunt, retenez une même durée d’utilisation et précisez si vous souhaitez devenir propriétaire à terme.
Les financements de trésorerie pour les décalages d’activité
Le crédit de campagne répond à la saisonnalité. La cession Dailly et l’affacturage permettent de mobiliser des créances clients ; l’affacturage donne accès à un financement avant leur échéance, avec des services de gestion et, selon le contrat, une couverture du risque d’impayé.
Avant de retenir une offre, demandez quelles factures sont acceptées, quelle somme sera effectivement disponible et qui supportera un éventuel impayé.
Une croissance rapide peut accroître le BFR. Pour orienter la demande, distinguez donc un décalage ponctuel d’un besoin qui augmente durablement avec l’activité.
Les alternatives et les acteurs à contacter
Apports et prêts des associés
Dans une société, les associés peuvent apporter du capital ou prêter de l’argent en compte courant d’associé. Ce compte courant constitue une dette remboursable, éventuellement rémunérée ; ses modalités de remboursement doivent être prises en compte dans le montage.
Prêt d’honneur et microcrédit
Le prêt d’honneur est accordé au porteur de projet, à taux zéro et sans garantie demandée. Il sert à compléter les apports. Contactez notamment Initiative France ou Réseau Entreprendre pour examiner les conditions d’accès et l’accompagnement proposé.
Pour un petit projet ayant difficilement accès au crédit bancaire classique, un organisme de microcrédit comme l’Adie constitue un interlocuteur possible. L’acceptation reste soumise à l’étude du dossier.
Aides et financements publics
Bpifrance intervient notamment par des prêts, des garanties et des investissements en capital. Les aides accessibles dépendent du projet et de leurs conditions propres.
Pour chaque dispositif envisagé, demandez confirmation de l’éligibilité, des dépenses retenues et du calendrier de versement. Dans votre plan, distinguez clairement les ressources obtenues de celles encore sollicitées.
Investisseurs et financement participatif
Les business angels et les fonds de capital-risque peuvent renforcer les fonds propres d’une société, notamment pour des projets innovants à fort potentiel de croissance. Leur entrée au capital implique un partage de la propriété et des droits de décision. Ils recherchent aussi une possibilité de revendre leur participation.
Avant d’engager une levée de fonds, précisez les décisions que vous souhaitez conserver, les objectifs de développement et les modalités de sortie à discuter.
Le financement participatif peut prendre la forme de dons, de prêts ou d’investissements au capital. Choisissez d’abord la forme recherchée : recevoir un don, rembourser une dette et accueillir un associé créent des engagements différents.
Préparer un dossier qui répond aux questions du financeur
Un dossier utile relie le montant demandé à des dépenses justifiées et à des hypothèses d’activité crédibles. Pour un emprunt, il doit notamment expliquer la capacité de remboursement.
Préparez une présentation courte accompagnée de quatre éléments :
- L’usage des fonds : dépenses prévues, devis et dates de paiement.
- Les ressources : apports disponibles, financements confirmés et demandes en cours.
- Les hypothèses commerciales : commandes ou éléments concrets qui étayent les recettes attendues.
- Le calendrier de trésorerie : encaissements, décaissements et remboursements prévus.
Le plan de financement vérifie l’équilibre global du projet ; le calendrier vérifie que l’argent sera disponible au bon moment. Pour construire ce second outil, consultez notre méthode de plan de trésorerie prévisionnel .
Voici une grille de travail à remplir avant chaque rendez-vous :
| Question | Réponse à préparer |
|---|---|
| Quelle dépense faut-il financer ? | Objet précis et justificatif |
| Quand faut-il payer ? | Date de décaissement |
| Quand les fonds seront-ils disponibles ? | Date confirmée ou condition restant à remplir |
| Comment les engagements seront-ils couverts ? | Encaissements prévus et échéancier |
| Que faire si une ressource manque ? | Dépense reportable, projet redimensionné ou financement complémentaire à étudier |
Testez également votre montage avec un encaissement retardé ou une dépense supplémentaire. Ce scénario sert à repérer les fragilités avant de prendre un engagement.
En cas de refus bancaire, identifier le blocage
Demandez quels éléments doivent être renforcés : justification du besoin, fonds propres, hypothèses commerciales ou capacité de remboursement. Retravaillez le montage sur ce point avant de présenter une nouvelle demande.
Si l’entreprise rencontre une difficulté avec un établissement financier, notamment un refus de crédit ou une réduction de concours, elle peut saisir la Médiation du crédit de la Banque de France. Ce service est gratuit et confidentiel. La démarche commence par un dossier en ligne ; le médiateur examine la situation et recherche une solution avec les parties.
Avant tout engagement, faites examiner les offres retenues à partir de vos comptes, de votre trésorerie et des contrats proposés. Ces repères généraux permettent de préparer le choix ; ils ne remplacent pas l’analyse de la situation de l’entreprise.
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